Comment déclarer ses revenus boursiers aux impôts en 2026 ?
Comment déclarer ses revenus boursiers aux impôts en 2026 ?
Cet article est fourni à titre purement informatif et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil fiscal ou juridique. Pour votre situation personnelle, consultez un conseiller fiscal agréé ou l'administration fiscale (impots.gouv.fr). L'auteur n'est pas CIF ni expert-comptable agréé.
Chaque printemps, la période de déclaration des revenus génère son lot d'interrogations chez les investisseurs particuliers. Entre la flat tax, les formulaires à remplir, les moins-values à reporter et la différence entre courtier français et courtier étranger, il est facile de se perdre. Ce guide vous explique pas à pas comment déclarer correctement vos revenus boursiers pour la campagne 2026 (revenus 2025), en fonction de votre situation.
1. Le calendrier 2026 à retenir
La campagne de déclaration des revenus 2025 s'est ouverte officiellement le 9 avril 2026 sur impots.gouv.fr. Les dates limites varient selon votre département de résidence [Rotek] :
- 21 mai 2026 : départements 01 à 19
- 28 mai 2026 : départements 20 à 54
- 4 juin 2026 : départements 55 à 976 et non-résidents
Bonne nouvelle : si vous soumettez votre déclaration et réalisez une erreur, vous pouvez la corriger autant de fois que nécessaire jusqu'à la date limite de votre département. Après réception de votre avis d'imposition (fin juillet), un service de correction en ligne reste accessible jusqu'en décembre 2026.
2. La flat tax en 2026 : le taux qui s'applique à vos revenus boursiers
Depuis le 1er janvier 2018, les revenus boursiers (plus-values, dividendes, intérêts) sont soumis par défaut au Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU), aussi appelé "flat tax". En 2026, suite à la hausse de 1,4 point de la CSG votée fin 2025, ce taux est de 31,4 %, décomposé ainsi [Ethics-AI] :
Flat tax 2026 = 31,4 %Impôt sur le revenu (IR) : 12,8 %Prélèvements sociaux : 18,6 %Attention : la flat tax à 31,4 % s'applique aux revenus boursiers sur CTO.L'assurance-vie conserve son taux de 30 % (prélèvements sociaux à 17,2 %).
2.1 Flat tax ou barème progressif : quelle option choisir ?
La flat tax est le régime par défaut, mais vous pouvez opter pour le barème progressif de l'impôt sur le revenu en cochant la case 2OP sur votre déclaration. Cette option est globale : elle s'applique à l'ensemble de vos revenus du capital (vous ne pouvez pas choisir la flat tax pour les dividendes et le barème pour les plus-values).
Le barème progressif peut être plus avantageux si votre taux marginal d'imposition (TMI) est faible. Avantage supplémentaire : avec le barème, les dividendes bénéficient d'un abattement de 40 % avant imposition. Ethics-AI avertit : « un investisseur qui ne simule pas le choix entre PFU et barème progressif risque de payer plusieurs centaines d'euros d'impôt en trop chaque année » [Ethics-AI].
| Votre TMI | Flat tax (PFU) | Barème progressif |
|---|---|---|
| 0 % ou 11 % | 31,4 % | Souvent plus avantageux |
| 30 % | Souvent plus avantageux | Moins avantageux |
| 41 % ou 45 % | Toujours plus avantageux | Moins avantageux |
Tableau indicatif — simulez votre situation sur impots.gouv.fr avant de choisir.
3. Ce que vous devez déclarer selon votre enveloppe
3.1 Le PEA : exonération d'IR après 5 ans
Le PEA bénéficie d'un régime fiscal très avantageux. Tant que vous n'effectuez aucun retrait, aucune imposition n'est due, même si vous achetez et vendez des titres à l'intérieur de l'enveloppe. Ce n'est qu'au moment d'un retrait que la fiscalité s'applique :
- Retrait avant 5 ans : flat tax de 31,4 % sur les gains et clôture du PEA (sauf cas exceptionnels).
- Retrait après 5 ans : exonération totale d'IR — seuls les prélèvements sociaux de 18,6 % sont dus.
Les courtiers français fournissent un IFU (Imprimé Fiscal Unique) qui pré-remplit automatiquement votre déclaration pour les retraits effectués. Si vous n'avez fait aucun retrait dans l'année, vous n'avez rien à déclarer concernant votre PEA [Rotek].
3.2 Le CTO avec un courtier français
Avec un courtier français (BoursoBank, Bourse Direct, Fortuneo, EasyBourse…), la situation est confortable. Le courtier vous fournit chaque année un IFU (Imprimé Fiscal Unique) et transmet directement à la DGFiP le détail de vos dividendes, intérêts et plus-values. Votre déclaration 2042 est largement pré-remplie.
Votre rôle est de :
- Télécharger votre IFU depuis votre espace client (disponible en mars).
- Vérifier que les montants pré-remplis dans votre déclaration 2042 correspondent à votre IFU.
- Corriger les éventuelles erreurs (elles existent — Ethics-AI rappelle que « des erreurs sur l'IFU existent, et c'est le contribuable qui en porte la responsabilité » [Ethics-AI]).
- Si vous avez des moins-values à reporter d'années précédentes, vérifier le formulaire 2074.
3.3 Le CTO avec un courtier étranger
C'est la situation la plus complexe. Les courtiers étrangers (Degiro, Trade Republic, Interactive Brokers, eToro, Revolut, Freedom24…) ne transmettent rien à l'administration fiscale française et ne fournissent pas d'IFU au format officiel français. Vous devez remplir vous-même plusieurs formulaires annexes [Rotek] :
- Le formulaire 3916-bis : pour déclarer l'existence de chaque compte ouvert à l'étranger. Obligatoire dès la première année. Amende de 1 500 € par compte non déclaré.
- Le formulaire 2047 : pour déclarer vos dividendes et intérêts de source étrangère, pays par pays.
- Le formulaire 2074 (ou 2074-CMV) : pour calculer vos plus-values et reporter vos moins-values.
- Le formulaire 2042 : déclaration principale, où vous reportez les totaux calculés dans les formulaires annexes.
4. Les formulaires décryptés
4.1 Le formulaire 2042 : la déclaration principale
C'est le formulaire central de la déclaration. Les cases principales pour les revenus boursiers sont [Ethics-AI] :
- Case 2DC : dividendes (flat tax)
- Case 2TR : intérêts et produits de placement à revenu fixe
- Case 2CG : plus-values nettes
- Case 2OP : à cocher si vous optez pour le barème progressif plutôt que la flat tax
- Case 2BH : revenus déjà soumis aux prélèvements sociaux (si option barème)
4.2 Le formulaire 2074 : les plus-values
Le formulaire 2074 entre en jeu pour les plus-values sur valeurs mobilières. Il permet de détailler chaque cession, calculer le résultat net et reporter les éventuelles moins-values. Selon impots.gouv.fr : « cet imprimé permet de déclarer les plus ou moins values sur cessions de valeurs mobilières, droits sociaux, titres assimilés » [impots.gouv.fr].
4.3 Le formulaire 2047 : les revenus étrangers
Obligatoire pour tout investisseur ayant perçu dividendes, intérêts ou plus-values via un courtier étranger. Il est particulièrement complexe car il exige de ventiler les revenus pays par pays, d'appliquer les conventions fiscales bilatérales et de convertir les devises au cours du jour de perception (pas au 31 décembre — erreur fréquente) [Rotek].
Nouveauté 2026 : une nouvelle case 8PL est apparue dans le formulaire 2047 pour les revenus de dividendes et plus-values de source étrangère ouvrant droit à un crédit d'impôt. L'administration fiscale n'a pas communiqué clairement sur ce changement [Rotek].
5. La méthode de calcul des plus-values : le CUMP
En France, la loi impose une méthode précise pour calculer le prix de revient des titres lors d'une vente : le CUMP (Coût Unitaire Moyen Pondéré). Il est interdit d'utiliser d'autres méthodes comme le FIFO (premier entré, premier sorti).
Méthode du CUMP — exemple :Achat 1 : 10 actions Apple à 150 € en mars 2023 Achat 2 : 5 actions Apple à 180 € en septembre 2024 Prix de revient unitaire moyen : (10 × 150 + 5 × 180) / 15 = (1 500 + 900) / 15 = 160 € Si vous vendez 8 actions à 200 € en 2025 : Plus-value par action = 200 − 160 = 40 € Plus-value totale = 8 × 40 = 320 €C'est cette plus-value de 320 € qui est soumise à la flat tax de 31,4 %.
Cette obligation est définie par l'article 150-0 D du Code Général des Impôts [ImpoTrading].
6. Les moins-values : un avantage fiscal à ne pas négliger
Les moins-values réalisées sur des cessions de valeurs mobilières sont reportables sur 10 ans. Elles s'imputent sur les plus-values de même nature réalisées pendant cette période, réduisant d'autant la base imposable. Ethics-AI avertit : « une perte réalisée en 2025 peut s'imputer sur les gains de 2026, et ce mécanisme reste valable pendant dix ans. Beaucoup d'investisseurs oublient cette possibilité ou négligent de remplir les cases correspondantes sur le formulaire 2074 » [Ethics-AI].
Ne pas déclarer ses moins-values, c'est se priver d'un avantage fiscal précieux pour les années suivantes. Même si vous avez eu une mauvaise année boursière, déclarez vos moins-values !
7. Les erreurs les plus fréquentes à éviter
- Ne pas déclarer un compte étranger : l'administration fiscale accède aux informations bancaires via les échanges automatiques entre pays (norme CRS). Un compte non déclaré sera repéré — amende de 1 500 € par compte [Ethics-AI].
- Utiliser le taux de change du 31 décembre pour convertir les dividendes étrangers. La règle est d'utiliser le taux BCE du jour de perception de chaque dividende [ImpoTrading].
- Ne pas vérifier les montants pré-remplis par votre courtier français. Les IFU peuvent contenir des erreurs — et c'est le contribuable qui en est responsable.
- Oublier de déclarer ses moins-values : elles se reportent sur 10 ans et réduisent les futures plus-values imposables.
- Confondre PEA et CTO : les règles fiscales sont radicalement différentes. Le PEA n'est imposable qu'au moment des retraits ; le CTO l'est à chaque cession.
- Ne pas simuler flat tax vs barème progressif : sur impots.gouv.fr, vous pouvez tester les deux options sans risque avant de valider.
8. Courtier français vs courtier étranger : le tableau récapitulatif
| Obligation | Courtier français | Courtier étranger |
|---|---|---|
| IFU fourni | Oui | Non |
| 2042 pré-remplie | Largement | Non |
| Formulaire 3916-bis | Non requis | Obligatoire |
| Formulaire 2047 | Non requis | Obligatoire |
| Formulaire 2074 | Si moins-values | Obligatoire |
| Difficulté déclarative | Faible | Élevée |
| Exemples | BoursoBank, Bourse Direct, Fortuneo | Degiro, Trade Republic, IBKR, eToro |
Ce qu'il faut retenir
Déclarer ses revenus boursiers en 2026 n'est pas aussi automatique qu'on pourrait le croire. La situation dépend fortement de deux facteurs : l'enveloppe utilisée (PEA vs CTO) et la nationalité du courtier (français vs étranger).
Avec un courtier français et un PEA sans retrait : rien à faire. Avec un courtier français et un CTO : vérifier les montants pré-remplis sur la 2042 et déclarer les moins-values éventuelles. Avec un courtier étranger : remplir les formulaires 3916-bis, 2047 et 2074 — une tâche chronophage mais obligatoire, passible d'amendes en cas d'oubli.
La flat tax de 31,4 % s'applique par défaut à tous les revenus boursiers sur CTO. Mais si votre taux marginal d'imposition est faible (0 % ou 11 %), il peut être avantageux d'opter pour le barème progressif — simulez les deux options sur impots.gouv.fr avant de valider.
Enfin, ne négligez jamais vos moins-values : elles sont reportables 10 ans et constituent un avantage fiscal précieux à conserver soigneusement.
Sources citées
- Impots.gouv.fr — Formulaire 2074 : déclaration des plus ou moins-values
- Ethics-AI — Déclarer ses revenus boursiers : guide fiscal 2026
- Rotek — Dates déclaration impôts 2026 : calendrier pour courtiers étrangers
- Rotek — Formulaire 2047 : comment déclarer vos dividendes étrangers
- Rotek — Nouveautés déclaration bourse 2026
- Rotek — BoursoBank déclaration impôts France : guide complet 2026
- ImpoTrading — Déclarer ses actions Revolut aux impôts France 2026
- Café de la Bourse — Fiscalité trading et bourse 2026 : comment déclarer ?
Les informations contenues dans cet article sont fournies à titre purement éducatif. Elles ne constituent pas un conseil fiscal ou juridique. Pour votre situation personnelle, consultez un conseiller fiscal agréé ou l'administration fiscale sur impots.gouv.fr. L'auteur n'est pas CIF ni expert-comptable agréé.
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